Dans le silence de Figuil, Dieu parle

Dans le calme sacré de la chapelle du Centre Spirituel de Figuil, au nord du Cameroun, un silence habituel et habité s’installe chaque soir autour de la Présence réelle du Christ dans le très Saint-Sacrement. L’adoration eucharistique y devient un souffle essentiel, un cœur battant au rythme de la mission. Devant le Saint-Sacrement exposé, onze jeunes hommes futurs profès déposent leurs fardeaux, leurs espoirs, leurs combats, leurs intentions. Dans ce lieu de prière et de ressourcement, l’adoration devient plus qu’un moment spirituel : elle est une école de confiance, un feu intérieur, un appel au don total de soi et d’abandon total.

“Là où le silence adore”

Il est 18h15 quand la lumière du jour se décline lentement sur les collines, les arbres de Figuil. Dans la chapelle du Centre Spirituel des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, la cloche retentit et le calme s’installe. Quelques bougies s’allument. Le silence devient dense, profond. À genoux, les onze futurs profès se recueillent et le Saint-Sacrement est exposé. L’adoration commence. C’est ici, à Figuil, que le mystère eucharistique se vit avec une intensité rare. Dans cette maison de ressourcement, l’adoration du Saint-Sacrement fait partie intégrante de la spiritualité oblate. « Devant le Seigneur exposé, chacun retrouve la source de sa vocation, la force de sa mission, et le souffle de son engagement », confie le Père Sukari Jean-Paul, accompagnateur spirituel au centre.

L’adoration : Une présence qui guérit et envoie

Dans la simplicité du cadre, sans grandes installations, sans luxure, l’adoration prend une profondeur unique. Pas de paroles inutiles, pas de distractions. Juste le Christ, présent, vivant, offert à tous et à chacun. Les frères s’y relaient, souvent en silence, parfois animant une prière d’intercession, un chapelet médité ou un temps de louange. C’est aussi un espace de liberté : on vient comme on est, on reste autant que le cœur en a besoin.« J’y ai trouvé la paix dans des moments de doute. L’adoration m’a réappris à écouter Dieu, non pas avec les oreilles, mais avec le cœur », témoigne le frère Zra Boniface, originaire du Cameroun .

L’adoration est un lieu d’écoute et de transformation

La chapelle devient, chaque soir, un lieu de guérison intérieure, de ressourcement. Certains viennent simplement pleurer, prier et confier. D’autres y lisent la Parole. Tous, dans le silence, se laissent façonner par le Christ présent dans le très saint sacrement. Le Père Lin kiekie,Omi insiste : « L’adoration n’est pas une dévotion en plus. Pour un Oblat, c’est un lieu de rencontre, de transformation personnelle et communautaire. C’est là que se prépare la mission Oblate. » Et c’est là aussi que beaucoup découvrent la force du silence, ce langage de Dieu que le bruit du monde empêche souvent d’entendre au quotidien.

L’adoration est une école de l’abandon

À Figuil, le Saint-Sacrement n’est pas seulement adoré : il est aimé, admiré, contemplé, prié individuellement ou communautairement. C’est ici que plusieurs jeunes confient avoir discerné plus clairement leur appel. C’est aussi là que des missionnaires et des laïcs retrouvent des forces. « Quand je n’ai plus rien à dire, je viens me taire devant Lui. Et dans ce silence, Il me parle au fond de mon âme et de mon cœur», confie le frère Blaise Foka.

L’adoration est une flamme qui ne s’éteint pas

Chaque soir, après l’adoration, un chant s’élève doucement dans la pénombre : « Reste avec nous, Seigneur Jésus ». Et dans les cœurs et la communauté, cette Présence persiste, silencieuse mais puissante. À Figuil, l’Eucharistie ne se vit pas seulement à la messe. Elle se respire, elle se prolonge, elle devient un mode de vie et le missionnaire oblat se tient devant le peuple pour témoigner de l’espérance parce qu’il s’est d’abord tenu devant Dieu.

Père Gilbert VANDI, Omi