Au cœur des collines, des sapiens et des fleurs paisibles du Noviciat des missionnaires oblats de Marie Immaculée de Ngaoundéré, le travail manuel est une source de joie. Dans un silence profond et méditatif qui enveloppe le Noviciat des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, là, loin de la foule et du bruit, de jeunes novices s’adonnent chaque jour à une activité aussi simple qu’essentielle : le travail manuel. Jardinage, élevage, lavage des voitures, cuisine, plomberie, construction,ramassage des bois de chauffage… autant d’activités qui, loin d’être de simples tâches, deviennent une véritable école d’humilité, de service et de formation intégrale.
Au noviciat, travailler de ses mains pour façonner son cœur
Dans la tradition des missionnaires Oblats de Marie Immaculée, le travail manuel n’est pas un simple complément de formation. Il est une composante essentielle. Chaque jour, les novices consacrent plusieurs heures à des tâches concrètes. Le jardin, la porcherie, la cuisine, ou encore les ateliers de réparation deviennent autant de lieux où se forge la discipline, le sens du devoir et la solidarité fraternelle. « Travailler de mes mains me rapproche du Christ ouvrier, humble et discret. Ici, chaque coup de houe devient une prière silencieuse », confie le frère Thomas Wanega, un novice en formation.
Le Noviciat, une école de simplicité et de responsabilité
Le travail manuel apprend aux novices à vivre avec peu, à respecter la création, à prendre soin et à gérer les biens avec sobriété avec le peu des moyens à la disposition. Ils cultivent eux-mêmes une bonne partie des produits qu’ils consomment comme les légumes, élèvent des animaux à l’instar des porcs et ils assurent l’entretien des bâtiments.« Ce n’est pas seulement une question d’économie. C’est une manière de rester proche des pauvres et de la réalité de la majorité des gens à qui nous serons envoyés demain », explique le Père Edmond Hingbo, Omi le Maître du noviciat.
Vivre l’Évangile dans les gestes du quotidien dans le travail
Cette immersion dans le travail concret pour le novice l’aide à relier foi et vie. Les novices apprennent que la spiritualité ne se vit pas uniquement dans la chapelle, mais dans les gestes simples du quotidien : balayer la cour, réparer une clôture, désherber un champ, tailler des fleurs, laver les porcs…« Chaque tâche, aussi humble soit-elle, devient un lieu de rencontre avec Dieu, si elle est faite avec amour », témoigne le frère Etienne, le formateur au Noviciat.
Le travail manuel: une fraternité enracinée dans l’effort partagé
En travaillant côte à côte, les novices apprennent à se connaître autrement et ils apprennent la coresponsabilité. Les heures passées à pelleter, sarcler ou peindre créent des liens forts, faits d’entraide, d’humour, des fous rires et de patience. La fatigue partagée devient une source de fraternité authentique et une bonne raison de vivre ensemble.
Le travail manuel prépare des missionnaires enracinés dans la réalité
Le Noviciat de Ngaoundéré forme des hommes appelés à vivre au cœur du monde, souvent dans des milieux pauvres. Le travail manuel prépare à cette mission : il forge des missionnaires proches du peuple, capables de comprendre les réalités de ceux qu’ils servent avec respect.« Le travail de nos mains est aussi un langage : il dit que nous ne sommes pas au-dessus, mais avec les autres, solidaires et engagés », conclut le Père Maître. Au Noviciat Bienheureux Joseph-Gérard de Ngaoundéré, les mains plongées dans la terre préparent les cœurs à s’enraciner dans la mission Oblate. Car avant d’être envoyés au loin, ces jeunes apprennent à servir ici, humblement, dans le silence fécond de leur engagement à la suite du Christ dans la congrégation des missionnaires oblats de Marie Immaculée.










Père Gilbert VANDI, Omi